Article Omaya

On voulait activer l'IA dans notre boîte. On a fini par concevoir Omaya.

Comment une agence de montage vidéo a transformé son plus gros point de friction en infrastructure d'entreprise.

On ne voulait pas créer un produit.

On voulait juste que notre boîte arrête de perdre du temps.

Kilian et moi, on dirige HIT THE RECORD (HTR) : une agence de montage vidéo, avec une école de formation à côté. Comme toute boîte qui tourne, on s'est vite retrouvés cernés par les outils. Des abonnements en ligne pour un oui pour un non, qui s'accumulent, qui finissent par coûter une fortune sur l'année, et qui ne se parlent jamais entre eux. On a fait ce qui nous paraissait logique : on est allés voir Hugo, un développeur, pour qu'il nous fabrique nos propres outils. L'idée était de s'émanciper, d'arrêter de payer trois abonnements pour une seule tâche.

Le plan tenait la route. Il nous emmenait quand même droit dans le mur.

On ne résolvait pas le problème, on le déplaçait.

Plus on avançait, plus quelque chose me gênait. On remplaçait des outils par d'autres outils, et pendant ce temps le fond du problème ne bougeait pas.

J'utilisais déjà l'IA au quotidien, et je butais toujours sur le même plafond : elle n'arrivait pas à suivre. Je bricolais des trucs avec Claude Code, j'y passais un temps fou, j'obtenais quelque chose qui tenait à peu près debout, et le mois suivant ça buguait. Je revenais dessus, ça rebuguait. Chaque outil devenait un chantier qui ne fermait jamais.

Le premier vrai exemple, c'est ce que j'appelle aujourd'hui HTR Financial System. Ce que je voulais était simple sur le papier : faciliter la facturation des clients de l'agence, suivre les paiements des élèves de l'école, et centraliser une bonne fois pour toutes la santé financière de la société. Avec Claude Code, je n'y arrivais pas. Ou plutôt, j'y arrivais un mois, et le mois d'après tout se cassait.

Et un jour, j'ai compris pourquoi. Un vrai cerveau, ça se souvient. Le sien, non.

L'IA à qui je confiais tout ça travaillait sans mémoire. Pas de contexte, pas de continuité. À chaque session, elle repartait de zéro. Elle ne connaissait ni ma boîte, ni mes méthodes, ni ce qu'on avait décidé la semaine précédente. Je lui demandais de construire une maison en effaçant les plans entre chaque brique. Son problème n'a jamais été la puissance. C'était l'absence de tout ce qui aurait dû l'entourer.

Le déclic.

Pour me rendre autonome, Hugo m'avait partagé la configuration Claude Code qu'on avait montée ensemble. Il avait tout mis en place, les licences, les serveurs, ce qu'il fallait pour que je puisse fabriquer mes outils sans dépendre de lui à chaque étape.

Et en m'en servant, j'ai compris qu'on tenait autre chose qu'un outil de plus. Il y avait là un socle, quelque chose sur quoi on pouvait vraiment construire. Alors j'ai demandé à Hugo d'aller plus loin : d'en faire une vraie infrastructure, avec sa propre interface, affranchie de Claude Code. Pas un environnement de développeur qu'on se partage entre nous, mais un produit à part entière.

Le jour où il a sorti la première interface, celle qui remplaçait Claude Code et permettait de développer directement depuis chez nous, l'effet a été immédiat. Ce n'était plus une bidouille d'associés. C'était un truc qu'on avait envie de montrer.

Et c'est là que le vrai signal est arrivé. Autour de nous, les gens sont devenus fans. Chacun voulait le sien, son propre "AI manager", sa manière à lui de piloter son travail. Ce qu'on avait construit pour nous, les autres le réclamaient. Kilian et moi, on apportait le métier depuis le début, tout ce qu'on affrontait au quotidien et ce qu'on attendait vraiment d'un outil. Hugo, lui, a conçu et bâti, version après version, presque uniquement à partir de nos retours d'utilisateurs. Moi, je poussais la vision, je disais où on allait. Et à ce moment précis, on a tous compris la même chose en même temps : ça ne devait pas rester entre nos murs.

Ce qu'on a vraiment construit.

Soyons honnêtes sur un point. Un cerveau central, ça n'a rien de révolutionnaire. Un Obsidian bien tenu fait déjà une bonne partie du travail de mémoire, et on aurait très bien pu s'arrêter là. Si Omaya se résumait à ça, on n'aurait pas grand-chose à raconter.

Ce qu'on a fait va plus loin. On ne voulait pas seulement une infrastructure qui se souvient, on voulait une infrastructure qui a les réflexes d'un entrepreneur.

En regardant nos propres galères, on s'était rendu compte d'une chose : elles n'avaient rien de spécifique au montage vidéo. Un entrepreneur, quel que soit son métier, affronte à peu près les mêmes murs. Piloter la finance de sa boîte. Gérer ses équipes et savoir qui fait quoi. Faire tourner une production, qu'on soit une agence, une boutique e-commerce ou un consultant qui doit livrer ses clients. Sans parler du marketing, de la prospection, du support, de la vente. On croit tous que nos problèmes nous sont propres, alors qu'ils se ressemblent beaucoup plus qu'on ne l'imagine.

On n'a donc pas nourri Omaya uniquement avec de l'information. On l'a nourrie avec une manière d'opérer, avec la façon dont un entrepreneur réfléchit, tranche, priorise. Elle ne se contente pas de retenir nos données, elle sait ce qu'il faut en faire.

La preuve qu'on avait raison : de deux jours à une heure.

Reprenons le Financial System, celui qui refusait obstinément de marcher.

Avant l'IA, boucler ma partie financière du mois me prenait deux jours pleins, au bas mot. La facturation de l'agence, le suivi des paiements de l'école, la consolidation de l'ensemble, tout ça à la main.

Avec Claude Code, je suis descendu à une journée. Un vrai gain, mais fragile : la journée que je grattais, j'en perdais une bonne part le mois suivant à réparer ce qui avait lâché.

Aujourd'hui, avec Omaya, la même chose me prend une heure.

Et cette heure, si je la garde, c'est par choix. J'ai décidé de ne pas laisser Omaya aller jusqu'à l'envoi des factures. Je préfère les relire une par une, vérifier qu'il ne manque rien, et les envoyer moi-même. Non pas qu'elle en soit incapable, elle le ferait très bien, mais sur ce point précis je préfère garder la main. Toute la différence est là : je ne subis plus l'outil, c'est moi qui décide jusqu'où il va.

Passer de deux jours à une heure, ce n'est plus vraiment une question de gain de temps. C'est une autre façon de travailler.

Une fois le socle posé, tout est devenu possible.

Voilà ce qui change quand l'infrastructure existe : on cesse de se battre pour sortir un outil, et on se met à en construire dix.

Depuis, on a bâti sur Omaya, pour nous, pour des besoins bien réels :

HTR Ads Engine pilote nos campagnes Facebook. On voit précisément ce qui marche et ce qui ne marche pas, et on teste en continu de nouvelles créatives sur nos canaux d'acquisition.

HTR Creative Studio génère les visuels de nos pubs avec une qualité maîtrisée, reproductible, une vraie direction artistique derrière.

CloserLoop récolte la data en direct sur nos prospects et sur la façon dont nos commerciaux vendent, pour qu'ils progressent d'une semaine à l'autre.

SubCheck traque les fautes dans les sous-titres, un fléau quand on est monteur vidéo. Celui-là, on s'apprête d'ailleurs à le sortir aussi comme produit à part entière.

Et puis il y a tout le reste, celui qu'on ne montre pas d'habitude. Des dashboards pour suivre le prix des billets d'avion et voyager moins cher lors de nos déplacements, des tableaux de bord d'investissement, des landing pages, des extensions Chrome montées en un après-midi parce qu'on en avait besoin. Autant de choses qui, avant, nous auraient coûté des centaines, parfois des milliers d'euros par mois en abonnements, en supposant qu'un service existe pour le faire. Là, on les réalise à notre goût, en quelques heures, avec un contrôle total.

Ce n'est plus un outil. C'est une usine à outils.

Ce qui fait la différence, ce n'est pas l'IA.

Il y a un malentendu qu'on tient à lever, parce qu'on l'entend partout en ce moment.

La force d'Omaya ne vient pas de l'IA qu'elle utilise. On travaille aujourd'hui avec Claude Code, et via OpenRouter on pourrait brancher plus de deux cents autres modèles demain matin si l'envie nous prenait. Le moteur est interchangeable. Ce n'est pas là que se joue la partie.

Ce qui compte, c'est tout ce qu'on a mis autour. Les méthodes, les garde-fous, la chaîne précise qu'Omaya suit pour prendre une décision, développer une application ou produire un livrable. Rien n'est laissé au hasard, tout est cadré. Ce cadre invisible, construit patiemment sur presque deux ans, c'est lui qui nous permet de vraiment laisser l'IA travailler pour nous. On ne la surveille pas en permanence, on lui fait confiance, parce qu'on sait exactement sur quels rails elle avance.

Entre brancher une IA sur son entreprise et construire une infrastructure qui pense comme un entrepreneur, il y a un monde. C'est ce monde-là qu'on a voulu bâtir.

On l'a construit pour nous. On l'ouvre au monde.

Pendant presque deux ans, Omaya a grandi dans l'ombre de notre propre boîte. Depuis mars 2026, on ne la lâche plus : on pilote HTR avec, tous les jours, du financier aux équipes, de la production à l'acquisition et à la création.

On n'avait pas prévu d'en arriver là. On voulait juste arrêter de perdre du temps, et on s'est retrouvés à construire l'infrastructure qui nous manquait. Celle qui manque aussi, on en est convaincus, à beaucoup d'entrepreneurs qui veulent mettre l'IA au travail dans leur boîte sans savoir par où commencer, et sans finir avec un outil de plus qui bugue tous les mois.

En septembre 2026, on ouvre Omaya au monde.

Si ces problèmes vous parlent, et on parierait volontiers que oui, alors venez voir ce qu'on a construit.

Julien L. Cofondateur de HIT THE RECORD et d'Omaya.

On l'a construit pour nous. On l'ouvre au monde.

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